mercredi 13 décembre 2017

Décembre 2015

CONTENT WARNING : burn out, dépression, comportements/relations toxiques

En décembre 2015, j'étais une toute autre personne. J'étais depuis quelques mois avec mon tout premier copain, dans une relation exclusive qui était, je m'en rend compte maintenant, étouffante. J'étais en prépa. Une prépa de l'enfer, privée, que j'avais dû payer de mes propres sous, pour rattraper 3 ans de programmes scolaires en 6 mois à peine. J'habitais encore chez mes parents, je n'avais pas encore rencontré deux des meilleures personnes de ma vie, j'étais très cis, pas très déconstruite du tout, mais je pensais l'être.

Je ne m'étais pas rendue compte que cette prépa me bouffait petit à petit, m'épuisant au quotidien, déclenchant des crises d'angoisse et de panique à répétition et faisait peser sur mes épaules une pression énorme. Alors quand ce gars est venu me parler, un pote que je connaissais depuis quelques mois et avec qui on était proches sans vraiment l'être, c'était une véritable bouffée d'air frais, dans laquelle je me suis précipitée sans réfléchir. Résultat des courses, j'avais trompé et plaqué mon copain en un tour de bras et je m'étais retrouvée dans une nouvelle relation avec ce gars. Sauf qu'il y avait aussi ce.tte pote, avec qui j'étais très proche et que j'appréciais beaucoup. Du coup je me suis retrouvée en relation avec ellui aussi.

Je perd pied totalement. Ma prépa me dévore de l'intérieur, consume tout mon temps, ma confiance en moi, ma stabilité (approximative) psychologique. Je suis constamment à bout de force, je me dispute intentionnellement avec des ami.e.s proches, je fais des choses inconsidérées et inconsidérables, je fais tout pour m'échapper de ces études, dans l'espoir de ressentir quelque chose, qu'il se passe quelque chose, que je trouve qui je suis ? J'ignore qui je suis et ce que je veux, je commence doucement à me noyer.

J'ai fais mon premier burn out et ma première dépression (identifiable) à cette époque.

Ce gars avec qui j'étais s'est finalement révélé être un fuckboy. Il m'a ghosté pour me larguer, et je reste convaincue encore à ce jour que s'il s'est jamais intéressé à moi, c'était pour accéder à d'autres personnes, qu'il a pu pécho "grâce" à moi. L'autre personne, on s'est fait plus de mal que ce que je voulais réaliser et surtout admettre. Iel a eu ce que je considère comme des comportements toxiques à mon égard, mais je sais que j'ai été bien pire envers iel. Dans ma lutte contre moi même et ma lente noyade que je ne réalisais pas, j'ai eu des comportements très toxiques envers iel, au point où je pense avoir été pour iel une personne toxique.

J'ignorais que je traversais ça. Pour moi j'étais dans une spirale abominable d'épuisement, de mal-être profond et de comportements auto-destructeurs. Ce n'est que des mois plus tard que j'ai enfin pu poser des mots sur ce que j'avais vécu et à quel point ça m'avait transformé. À quel point ça a encore des impacts négatifs sur ma vie d'aujourd'hui. J'ai fais et dis des choses que jamais je n'aurais pensé être capable de. Mon comportement destructeur m'a amené à faire du mal à des gens, mais aussi et surtout à me lancer dans des relations et m'investir dans des amitiés néfastes et toxiques. Il y a énormément de choses de cette époque que je regrette et pour lesquelles je m'en veux.

Les bonnes choses que j'ai retiré de cette époque de ma vie, c'est 3 personnes. Deux dont je sais pouvoir compter dessus envers et contre tout maintenant, elles seront toujours là pour moi et elles m'ont sauvé la vie un nombre incalculable de fois. Et il y a mon amoureux actuel. J'essaie de ne pas reproduire des comportements nocifs que j'ai pu avoir dans le passé avec lui, je me bat très souvent contre moi pour nous. Je merde encore régulièrement et il y a des choses pour lesquelles je vais m'en vouloir à vie et d'autres sur lesquelles il faut que je travaille dessus, pour passer outre et réussir à être mieux, à être moi.

Je pense avoir encore fais deux burnout après ça et j'en suis aujourd'hui terrifiée. J'essayerais d'en parler d'en un autre article parce que ce que j'ai pu faire et apprendre de ces deux autres moments, j'ai énormément de peine à le réaliser et l'accepter.

Je hais cette période de ma vie. Je hais la personne que j'étais et ce que j'ai fais. J'en tire néanmoins mes leçons et j'essaie d'avancer péniblement sur ce fichu chemin de mes gonades qu'est la vie.

vendredi 24 novembre 2017

Journal d'une dépression #3

Je sens que j'ai une phase de remontée, une phase haute en ce moment, et je m'en méfie beaucoup, car je sais comment j'agis pendant ces phases. J'ai un regain d'énergie, alors je l'éparpille à tout va, je fais moins attention à moi, je m'épuise et je finis par retomber au fond. Après c'est aussi un bon signe.

Je me suis aussi rendu.e compte dernièrement que cela faisait maintenant 2 ans que j'avais eu mon premier burn out et ma première dépression identifiable, je me demande si j'ai envie d'écrire là-dessus et ce que ça peut apporter. Parce que les effets de ça m'écrasent encore aujourd'hui.

Je me remémore aussi des souvenirs avec nostalgie d'une personne qui m'a fait beaucoup de mal et ça me soûle parce que c'est un petit con qui mérite pas que je perde de l'énergie pour lui, alors j'essaie de me botter le cul. Et il y a toujours ce trauma que j'ai sur une autre personne, qui est très fort et que je n'arrive pas à contrôler du tout. Heureusement ma psy est très attentive et s'inquiète, donc je sais qu'elle fera tout ce qui est en son possible pour m'aider, trouver des solutions et des moyens pour aider. J'ai une dizaine de vidéos sur ce sujet dans une playlist YouTube qu'il faudrait que je regarde, mais j'ai trop peur que ça me casse, alors ça traine. Jpp qu'elle ait cet effet sur moi et surtout que je n'arrive pas à l'expliquer. J'en ai parlé à mon amoureux mais je crois pas qu'il ait compris à quel point c'était grave (?) ou alors je m'imagine qu'il culpabilise à cause de ça. Bref, se faire trigger par tout et n'importe quoi, c'est non.

J'essaie de faire beaucoup plus de self care qu'avant, en essayant de pas culpabiliser de pas aller en cours, parce que j'y arrive juste pas. Je voulais partir à Londres pour me retrouver seul.e un week-end, pas chez moi, et vivre, mais mon compte en banque m'a dit un grand non. C'est triste parce que cette ville me manque et je voulais en profiter pour me la réapproprier, mais non, pas pour cette année.

Il faudrait que je lance des procédures juridiques contre mon père car il me doit beaucoup d'argent qu'il refuse de me donner, mais je traîne parce que je m'en veut. Cette situation me soûle et me bouffe mon énergie. Tant que ça ira pas vraiment mieux, je pourrais pas faire avancer ça, mais j'ai besoin d'argent pour aller vraiment mieux. Nice.

J'ai l'impression d'être piégé.e, mais au moins je suis entouré.e, et j'aime les fêtes de fin d'année, même si cette époque de l'année me fait un peu peur de par les souvenirs que ça peut faire remonter.

On verra. Mais pour l'instant ça va un peu mieux et j'essaie d'en profiter sans en abuser.

samedi 4 novembre 2017

Journal d'une dépression #2

 CONTENT WARNING : médicalisation, dépression

J'ai pris un anxiolytique hier soir, parce que je pouvais sentir une crise monter et je sentais qu'elle allait être très forte et me balayer sur son passage. Le truc, c'est que du coup j'ai ressentis toutes les émotions de la crise, mais comme s'ils étaient enfermés dans une bulle dedans moi, en atténué et en bruit sourd. C'était très étrange mais bien moins destructeur que si je n'avais rien fais. Je me sentais comme flotter, coupé.e de mes émotions en même temps qu'elles étaient là très forte. J'ai essayé de pas envoyer de message mais j'ai dérapé et texté un.e de mes ancres émotionnelles, et je m'en veux un peu maintenant parce qu'il ne m'a pas répondu depuis et que ça fait peser un poids sur lui aussi.

Bref, ce matin ça va "neutre". J'ai fais du yoga et ça m'aide bien pour l'instant, mon esprit est plus calme et ma respiration plus contrôlée. Je vois une vieille copine que j'ai pas vu depuis très longtemps aujourd'hui, et j'ai un peu peur d'avoir le droit à l'habituelle pitié lorsque je vais lui dire que je suis dépressiv.fe et en phase très basse (ce que j'ai déjà sous-entendu dans des messages et elle a été très supportive et adorable).

J'espère passer toute ma journée sur du neutre, pouvoir me sortir ce trigger de la tête un peu, et pouvoir m'endormir ce soir sans aide médicamenteuse. Je respire bien grâce au yoga de ce matin, je vais essayer de faire en sorte que ça dure toute la journée.

mardi 31 octobre 2017

Billet et billevesées #2

 CONTENT WARNING : vision du corps, TCAs, self arm, viol

Je me suis rendu.e compte d'un truc aujourd'hui, parce que je me suis totalement maquillé.e, avec le teint et tout, pour aucune autre raison particulière que le fait que j'avais envie de me faire un smocky sur les yeux. Je ne me suis pas reconnu.e dans le miroir. La personne qui était réfléchi.e c'était pas moi.

J'ai toujours eu de gros soucis à m'identifier à mon visage et mon corps, en partie à cause de TCAs et parce que je fais de la dysmorphie sur mon poids, mais là c'était très violent. J'avais l'impression d'avoir disparu. Je me suis senti.e mal tout du long que j'ai porté le maquillage et j'avais envie de m'enlever ce masque, de me l'arracher, pour voir si je me retrouvais à nouveau derrière.

Après, je pense aussi que c'était très lié au fait que j'ai pas été bien du tout aujourd'hui, parce que je me suis trigger tout.e seul.e avec un truc sur Twitter qui a réveillé un trauma, et le fait que la saison 3 de Broadchurch porte sur un viol et que j'étais pas préparé.e (même si iels traitent le sujet plutôt bien pour l'instant).

Bref, je sais pas pourquoi ça me fait ça, ni même si ça a un nom, mais dans mes instants de crises je ne me reconnais pas (sans que ça soit de la déréalisation/dépersonnalisation), mon visage ne m'appartient pas.

lundi 30 octobre 2017

Journal d’une dépression #1

CONTENT WARNING : dépression, pensées suicidaires, self arm, dépréciation 

Je suis tellement épuisé.e de me battre en vrai. On me dit que je suis courageux.se, que je suis fort.e, qu’un jour j’y arriverai et que ça ira mieux. Sauf que j’en ai marre de devoir me battre au quotidien contre moi-même. Marre de devoir me battre pour ne pas penser que personne ne tient à moi, marre de me battre pour me lever, pour parler, pour juste être. Marre de m’en battre contre mes pensées qui me disent que je suis un échec, que je ne mérite personne autour de moi, que je ne mérite pas d’être aimé.e.

Ce soir je sens les petites pièces du puzzle de mon être se détacher une à une pour aller se briser au fond du gouffre. C’est mes melts down, ils ressemblent tous à ça, ou à une noyade. Je les déteste. Je m’en veux d’être aussi faible et de me briser pour rien, alors que je suis tiraillé.e entre le fait que je pense que ma vie sava, et le fait que je pense qu’elle part en milles morceaux et qu’elle est instable.

Je suis instable et je sais que ça peut être dangereux pour les gens qui m’entourent. Je suis dangereux.se pour moi. J’alterne entre deux émotions : l’angoisse totale ou le vide absolu. Je cherche à poser des repères pour pas me perdre mais je finis par perdre ces repères. J’ai peur de ce que je pourrais me faire et de ce que ça aurait comme conséquences sur les gens que j’aime. Je ne me suis jamais brisé.e aussi fort que dernièrement.

Je sais que la dépression est une maladie, et non pas un absolu de ma personnalité. Mais j'en suis terrifié.e.

Journal d'une dépression #0

J'ai eu cette idée de noter mes hauts et mes bas, en crise ou en phase neutre ou bien, pour montrer ce qu'est la dépression, ma dépression, sans aucun filtre. S'il vous plait, faites très attention aux CW et à comment vous vous sentez avant de les lire, je sais comment je suis quand je vais mal et ça peut être très dur.

La dépression c'est pas quelque chose de joli qui passe et qui sautille dans un champ de fleurs. C'est un anaconda qui t'entoure et qui t'étouffe, te laissant parfois des moments de répits pour respirer. Mes témoignages et textes pourront être très difficiles à lire, comme ils pourront parfois me donner l'espoir. On peut s'en sortir. On peut apprendre à vivre avec et à comprendre ses phases. C'est pas une fatalité nécessairement. Prenez soin de vous comme j'essaie de le faire pour moi.

vendredi 27 octobre 2017

Billet et billevesées #1

C'est un nouveau format que je voulais tenter, un truc où je n'aurais pas de thème précis en commençant à écrire, donc ça va sûrement faire très brouillon mais des fois j'ai juste besoin de coucher des mots sur papier (virtuel là) pour comprendre mieux (et je peux pas toujours subjuguer les copaines parce qu'iels ont leurs vies et leurs soucis aussi).

CONTENT WARNING : sexe, viol conjugal, santé mentale

Je me pose de plus en plus la question sur l'utilité de continuer à prendre la pilule ou non. J'ai pas de soucis hormonaux et mes règles n'ont jamais été plus douloureuses que ça, donc je la prend dans un but purement contraceptif. Sauf que bah voilà, j'ai un énorme blocage sur la sexualité en ce moment.

Mon article sur le sexe et l'anxiété m'a fait réaliser des choses que je n'étais pas prêt.e à accepter forcément, c'est-à-dire que toutes les fois où je n'avais pas réussis à dire non ou que je n'avais juste rien dis, et bien c'était du sexe sans consentement, et donc par définition des viols. Donc impossible pour moi en ce moment de faire quoi que ce soit, même imaginer me met terriblement mal, car des flashback de mes mauvaises expériences passées reviennent.

De plus, mon compagnon et moi sommes en relation à longue distance et même si ça va mieux entre nous en ce moment, c'est toujours un peu étrange, pas autant physique que dans le passé. Je me demande aussi si cela peut m'aider pour ma (non) stabilité psychologique puisque je sais que c'est dans les (nombreux) effets de la pilule.

De toute façon, je ne veux pas enfanter, fabriquer d'humain.e moi-même dans mon corps. Je n'exclue pas totalement l'idée d'en adopter un jour, mais je refuse absolument d'en faire un.e dans mon corps. L'idée d'une ligature des trompes me trotte dans la tête depuis un moment aussi du coup.

Mais bref, ça m'inquiète ce truc de blocage total, parce que je sais que ça va me prendre très longtemps pour accepter et avancer, mais le.a seul.e partenaire en qui j'ai confiance pour m'aider à la limite, c'est mon compagnon, et comme j'ai dis on est dans une situation un peu "étrange" où je sais pas trop ce qui se passe et comment ça va évoluer. Parce que même ma sexualité propre à moi-même j'y arrive pas, je bloque et ça me met mal d'y penser.

Bref, I'm a mess, rien de nouveau.

lundi 23 octobre 2017

Les mensonges

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours menti, des « white lie » ou des plus gros mensonges. Je pensais que cela ferait de moins quelqu’un.e de plus intéressant.e, avec plus d’histoires à raconter, plus d’anecdotes rigolotes, plus de profondeur, etc. Sauf qu’en fait non, je finissais toujours par m’emmêler les pinceaux, à me perdre dans mes histoires, à ne plus savoir ce que j’avais dit et à qui.

Bref, j’étais un.e menteur.euse compulsif.ve.

Et je n’en suis pas fier.ère, mais ça fait partie de mon passé et je l’accepte. Parce que j’ai réussi à passer au-dessus et à dépasser ça. Quand je m’en suis rendu.e compte, j’ai tout de suite cherché un moyen de stopper ça. Essayer de les réduire doucement, à ne plus trop mentir au quotidien, ça n’a pas du tout marché. Non seulement je mentais tout autant, mais en plus maintenant je culpabilisais à mort et je n’osais pas me rectifier.

Alors j’ai choisi la solution radicale. J’ai décidé d’appliquer le principe de l’honnêteté absolue à ma vie. C’est un principe qui est relativement simple dans la théorie : c’est de ne plus mentir du tout, jamais et à personne, même plus ces petits « white lie » qui peuvent sauver la face ou atténuer la douleur d’une réalité pas prête à être acceptée. Dire que c’est simple à passer du mensonge compulsif à ça serait faux. Ça a été très compliqué. Mais au fil des jours, je mentais de moins en moins et au final j’ai fini par ne plus mentir du tout.

Pendant quelques mois j’ai appliqué ce principe à ma vie, et ça a très bien fonctionné. Après un certain temps, mon attention s’est relâchée, et je me suis rendu.e compte que je recommençais à nouveau à mentir. Alors j’ai décidé que ma décision était permanente, qu’à partir de maintenant j’étais en honnêteté absolue tout le temps. Les seuls mensonges que je me permet maintenant sont pour organiser des surprises ou dans des blagues.

Ça n’a pas été une réalisation et une décision facile, mais j’y suis arrivé.e. Bien évidemment, c’est aussi à ce moment-là que j’ai découvert que j’avais des troubles anxieux et ça a déclenché le fait que je n’osais plus communiquer ouvertement de peur de me faire rejeter. Mais je travaille sur ça maintenant.

Baby steps, but we’re getting there.

mercredi 6 septembre 2017

Sexe et anxiété


CONTENT WARNING : sexe, manque de consentement, viol et anxiété

On ne le répètera jamais assez, le plus important lors du sexe, c'est le consentement de toutes les personnes impliquées. Consentement explicite, cela va sans dire, un "je sais pas" n'est pas un oui, un silence n'est pas un oui, seul un "oui" clair et net est un oui.

Lors de mes expériences personnelles, j'ai pu me rendre compte de plusieurs choses. De part mon anxiété, je n'arrive pas souvent à m'exprimer lors du sexe pour dire ce que je veux, par peur de me faire rejeter, par peur de ne pas être assez bien et autres peurs. Cela a de nombreuses fois découlé sur le fait que je me retrouvais impliqué.e dans des situations que je ne désirais pas réellement. J'ai arrêté de compter aussi le nombre de crises d'angoisse que j'ai fais pendant/après parce que je n'osais ou ne pouvais pas m'exprimer. On répète sans cesse dans les milieux militants et déconstruits qu'il faut toujours demander le consentement avant de faire quoi que se soit. Mais que faire si la personne avec qui vous êtes ne peut pas ou n'ose pas s'exprimer ?

Le seul partenaire avec qui je me suis jamais senti.e totalement à l'aise et bien pendant le sexe, est une personne avec qui j'ai pu parler de long en large de mes attentes et de mes envies, et qui, pendant l'action, me demande, presque automatiquement s'il peut faire ceci ou cela, ou m'en parle nettement avant de le faire.

C'est dans la pratique du BDSM que l'on retrouve beaucoup cela, étant donné que la notion permanente de consentement est encore plus importante que dans les pratiques "vanilla", puisqu'il y a toute la notion de douleur et de domination impliquée. Toujours demander avant de faire quelque chose d'autre, quelque chose de nouveau, de changer de position ou de vouloir dominer ou être dominé.e pendant un moment, c'est primordial pour moi. Sinon, je vais paniquer, ne pas oser dire quelque chose et me retrouver à faire des choses qui peuvent aller à l'encontre de mon consentement.

Attention, je parle ici dans le cas des personnes souffrant d'anxiété. Je ne le fait pas pour les situations où la personne est incapable de s'exprimer, de part la prise de substances empêchant l'expression, ou de part un handicap l'empêchant de s'exprimer. Je ne parle pas de ces cas-là et je ne vais pas en parler n'étant pas concerné.e et ne connaissant pas assez bien le sujet. Ce que je sais, en revanche, c'est que si l'on ne peut exprimer un "oui" franc, c'est qu'il s'agit d'un "non". Autrement il s'agit d'un viol.

Certaines personnes ont juste besoin de dire "ok oui" au début et pouvoir ensuite stopper ou changer ce qui ne leur plait pas, sans qu'on leur demande. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Si vous imaginez que "ça casse tout" ou que "c'est nul" de stopper ce que vous êtes en train de faire pour demander une permission pour la suite, vous n'avez jamais eu autant tord. Le consentement peut se demander sous de très nombreuses formes, et cela n'a pas à être sous forme écrite avec 3 témoins et 28 signatures. Susurrer à l'oreille de ton/ta/tes partenaire/s "maintenant j'aimerais bien te faire *insérer une pratique sexuelle quelconque* si tu veux bien" ou un "j'aimerais que tu me fasses *insérer une autre pratique sexuelle* si tu es d'accord" est très érotisant, et cela peut même prendre la forme d'un jeu.

Je commence tout juste à comprendre que je fonctionne de cette manière et quels sont mes besoins et mes attentes lors du sexe. Je trouve ça dommage/grave/triste que l'on ne parle pas. de ce côté-là de l'anxiété quand de nombreuses personnes doivent vivre la même chose (même si chaque anxiété est différente et ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde).

Si vous savez qu'un.e/certain.e.s de vos partenaires fait/font de l'anxiété, essayez de voir avec cette/ces personne/s quelles sont les façons de faire dans son/leur cas. Demandez le, parlez en, c'est encore plus important car l'on est pas toujours en mesure de s'exprimer pendant le feu de l'action. Sinon, vous allez vous retrouver avec un.e/des partenaire/s roulé.e.s en boule dans votre lit à faire des crises d'angoisse parce qu'iel/s n'était/aient pas sûr.e.s de le vouloir.

mardi 5 septembre 2017

Et toi ça va ?

Lorsque l'on est un être humain, on a tous.tes nos hauts et nos bas, encore plus lorsque l'on est neuroatypique, non-valide, etc. Et dans cette société, la norme de politesse est de demander à la personne en face comment elle va lorsque l'on engage une conversation. J'ai arrêté de compter le nombre de "et toi ça va ?" et variations que j'ai subtilement (ou non) évité.

Parce que non, ça ne va pas toujours, des fois c'est même rare que ça aille bien. Et c'est normal, et on a le droit. On a le droit d'éviter des sujets parce que ça ne va pas et qu'on sait que ça aggravera notre état. On a le droit de ne pas vouloir sortir, de refuser des sorties ou d'en annuler au dernier moment parce que ça ne va pas. Et on a le droit d'aller mal parfois sans même savoir pourquoi, quand bien même on aurait toutes les raisons du monde d'aller bien.

On nous vend une image du bonheur et de la normalité qui est forgée par le fait que ça va bien tout le temps et qu'on est tout le temps heureux.se. Sauf que c'est faux et c'est impossible.

Aujourd'hui, c'est un jour où ça va juste pas, et je n'ai plus peur de le dire. J'ai eu envie de rester roulé.e en boule sous ma couette toute la journée (et c'est ce que j'ai fais une partie de l'après-midi), je n'ai pas réussi à faire les tâches qu'il aurait fallu que je fasse, et je vais m'en vouloir oui mais tout en sachant que je serais allé.e bien pire en me forçant à les faire. Maintenant que je sais identifier mes phases de "down" et que j'arrive (la plupart du temps) à en identifier les causes, même si je n'y peux rien, je vis beaucoup plus sereinement ces jours-là à posteriori.

A nouveau, je n'ai rien à vous conseiller et rien à vous dire de faire. J'essaie de prendre soin de moi le mieux possible ces jours-là, même si une douche ou une manucure ne fait effet que sur un court temps, ça aide un petit peu, et ça occupe l'esprit pendant un moment. Je demande de l'aide ou je ne fais juste rien, selon comment je me sens et comment je sais que mes ami.e.s vont.

Ces phases de mal-être font partie de vous mais ne vous définissent pas. On peut en retirer des réflexions, des soutiens inattendus, ou juste simplement des heures de repos en plus ou finir une série en binge watchant, mais il y aura toujours un après. Et peu importe la raison ou qu'il n'y ait pas de raison, des fois ça va juste pas, et tout le monde devrait avoir le droit de pouvoir répondre "non" à la question "et toi ça va ?".

lundi 4 septembre 2017

Le fameux "je t'aime"

J'ai toujours eu un rapport très particulier au je t'aime, parce que on ne se le disait jamais dans ma famille. C'est donc pour moi quelque chose de très intime et de très fort que je ne dis jamais à la légère. Si je ne suis pas sûr.e de ce que je ressens, je serais incapable de dire ou même d'écrire ces mots, que les doutes soient conscients ou inconscients. Je crois que j'ai dis mon premier je t'aime à 18-19 ans. Mais même après ça, j'ai toujours autant de peine, j'ai toujours ce blocage. 

En amitié également j'ai cette peine. Jusqu'à rencontrer mes meilleures amies actuelles, je n'avais jamais dis un "je t'aime" amical. Elles m'ont beaucoup aidé et j'éprouve moins de difficulté pour ce qui est du "je t'aime non-romantique", bien que je sois toujours incapable de le dire aux membres de ma famille.

Pour moi le je t'aime est très important et empli de sens différents et particuliers selon le contexte, que ça soit le "je t'aime" par habitude pour souhaiter bonne nuit ou le "je t'aime" quand tu es blotti.e dans des bras réconfortants.

dimanche 3 septembre 2017

Illégitime moi ?

Dans le billet "Je.", j'ai mentionné le fait que je me sentais illégitime pour tout. Mais qu'est-ce que ça signifie et qu'est-ce que ça implique ?

Le sentiment d'illégitimité c'est le fait de ne pas se sentir à la hauteur de la tâche à accomplir, de ne pas se sentir à sa place, se sentir incapable de mener à bien un projet. C'est un sentiment de culpabilité qui découle d'un manque de confiance en soi, et bien souvent lié à la peur de l'échec (Hannah Witton, une vidéaste anglaise a d'ailleurs fait une vidéo sur le sujet, c'est uniquement en anglais, pardon pour les non-anglophones). On définit aussi souvent ça comme le syndrome de l'imposteur.e.

Personnellement, mon sentiment d'illégitime est présent dans chaque aspect de ma vie, lié à mon anxiété et à mon manque profond de confiance en moi. Du fait que je ne me sens pas "le droit" de m'être réorienté dans mes études, à cause de la pression familiale, jusqu'à culpabiliser de me lier d'amitié et d'amour avec des gens car je ne me sens pas légitime d'être ami.e/amoureux.se de personnes aussi cools, en passant par le fait que je ne me sens pas légitime de me sentir illégitime puisque j'aurais toutes les raisons rationnelles de me sentir légitime.
Bienvenu dans mon cerveau illogique.

Je n'ai pas de "trucs et astuces" pour aider à se débarrasser de ce sentiment négatif et empoisonné, outre faire des listes des raisons rationnelles de pourquoi tu devrais te sentir légitime de faire ce que tu fais ou de ressentir ce que tu ressens, et essayer de t'en convaincre, mais ça ne fonctionne pas toujours. Ou plutôt pour moi, ça fonctionne à court terme. Et lorsque je me sens mal et que je me sens illégitime, j'essaie de me rappeler des raisons pour lesquelles j'ai voulu faire cette réorientation par exemple, et que ma raison principale était la meilleure raison existante : poursuivre mon rêve de toujours. Et si ça ne fonctionne pas, aller demander à un.e/des copain.e/s ou amoureux.se/s de faire cette liste pour toi, pour un sujet précis ou non, ça aide aussi (et en plus c'est doux et ça fait du bien de se sentir soutenu.e et aimé.e).

Le sentiment d'illégitimité ça peut te ronger petit à petit si tu le laisses faire, mais il y a plus d'une façon de le combattre et même si certains jours on en a pas la force, on prendra sa revanche sur lui un autre jour.

samedi 2 septembre 2017

Juste des billets de train

Cela fait maintenant deux ans que je voyage dans un peu toute la France, toujours en train. Depuis un an, j'ai précieusement gardé l'intégralité des billets de train que j'ai utilisé. A ce jour j'en ai 68 que je range bien à l'abri dans mon placard.

"Pourquoi ?" me demanderez-vous "se sont juste des billets de train". Oui. Et non. Pour moi, se sont des souvenirs, qu'ils soient bons ou mauvais. Le jour où on a fêté le départ d'un ami dans un pays étranger, le jour où je suis tombé.e amoureux.se, le jour où j'ai vu des volcans pour de vrai la première fois, l'été entier passé à voyager et à visiter des ami.e.s, la fois où je me suis fait.e harceler dans un TGV, la fois où j'ai passé le trajet à pleurer, les deux, trois, huit, onze heures de voyage, le nombre de réalisations sur moi que j'ai fait, le week-end où j'ai les meilleurs souvenirs, le week-end où j'ai les pires souvenirs, le nombre de rencontres et de découvertes de gens et de villes que j'ai fait.

Donc non, se ne sont pas "juste des billets de train", se sont des souvenirs forts, même si je commence à oublier quelle date est liée à quel évènement, mais se sont des traces de ma vie que je garde pour me souvenir du chemin parcouru, des erreurs faites, des bons moments passés et du chemin à parcourir encore. C'est une métaphore à deux sous ouais, que voulez-vous, je suis pas matérialiste, mais je m'accroche fort à des choses pour leur signification.



vendredi 1 septembre 2017

Je.


Je suis pas-hétéro. Je suis pas-cisgenre. Je suis polyamoureux.se. Je suis hypersensible. Je suis dépressif.ve. Je suis insomniaque. Je suis curieux.e. Je suis pragmatique. Je suis lunatique. Je suis petit.e. Je suis passionné.e. Je suis végétarien.ne. Je suis entouré.e des meilleures amies du monde. Je ne suis pas militant.e. Je ne suis pas politique. Je suis en colère.

J'ai un chat. J'ai les cheveux rouges. J'ai une side cute. J'ai 6 tatouages pleins de sens. J'ai la phobie des araignées. J'ai la phobie du vide. J'ai des tendances maniaques. Je n'ai absolument aucune estime ou amour de moi. J'ai de l'anxiété. J'ai des TCAs. J'ai subis du harcèlement scolaire.

Je vis pour le thé. Je ne mens plus. Je ne supporte pas d'être seul.e. Je me sens illégitime pour tout.

J'aime m'habiller et me maquiller n'importe comment. J'aime cuisiner. J'aime voyager. J'aime les trains. J'aime les villes. J'aime la campagne. J'aime explorer. J'aime apprendre. J'aime la nature. J'aime les bains brûlants. J'aime marcher sous la pluie. J'aime les cailloux. J'aime les marches solitaires dans la montagne. J'aime le reflet en miroir du lac. J'aime le silence et la solitude.

Je déteste l'élitisme. Je déteste les gens. 
 

Je suis un.e ours.




mardi 29 août 2017

2017

Nous ne sommes pas encore à la fin de 2017 et pourtant cette année a déjà été si pleine et si compliquée pour moi.

En 2017 j'ai aimé, j'ai arrêté d'aimer, j'ai été aimé.e, on a arrêté de m'aimer, je me suis brisé.e un nombre incalculable de fois, j'ai été réparé.e, je me suis découvert.e, je me suis accepté.e, je me suis haïe, j'ai appris, j'ai grandis, je suis tombé.e, j'ai voyagé, j'ai découverts, je me suis perdu.e, je me suis retrouvé.e et encore et toujours j'essaie d'avancer.

En 2017 j'ai accepté le fait d'être dépressive. 
En 2017 j'ai accepté le fait d'avoir des TCAs.
En 2017 j'ai décidé de ne plus mentir et de vivre au maximum dans l'honnêteté absolue.
En 2017 j'ai décidé de ne plus vivre caché.e et d'assumer mes choix.
En 2017 j'ai découverts que je pouvais m'effondrer mais toujours me relever.
En 2017 j'ai découverts qui j'étais et j'essaie encore d'assumer les facettes de ma personnalité.
En 2017 j'ai eu deux des plus importants tatouages.
En 2017 j'ai eu des gens incroyables pour m'entourer.
En 2017 j'ai fais la paix avec ma mère.
En 2017 j'ai fais la paix avec ma petite soeur.

En 2017 je tente encore de faire la paix avec moi et de m'aimer. Mais j'ai déjà traversé tant de choses, et je vais en traverser encore tant. 
En 2017 je sais que je suis entouré.e des meilleures amies que quiconque pourrait souhaiter et qu'elles seront toujours là pour moi comme je serai là pour elles.

Cher 2017, chère vie, vous craignez toujours autant, mais je suis toujours debout et j'ai l'intention de l'être encore un moment malgré ce que vous me faites subir.