Lorsque l'on est un être humain, on a tous.tes nos hauts et nos bas, encore plus lorsque l'on est neuroatypique, non-valide, etc. Et dans cette société, la norme de politesse est de demander à la personne en face comment elle va lorsque l'on engage une conversation. J'ai arrêté de compter le nombre de "et toi ça va ?" et variations que j'ai subtilement (ou non) évité.
Parce que non, ça ne va pas toujours, des fois c'est même rare que ça aille bien. Et c'est normal, et on a le droit. On a le droit d'éviter des sujets parce que ça ne va pas et qu'on sait que ça aggravera notre état. On a le droit de ne pas vouloir sortir, de refuser des sorties ou d'en annuler au dernier moment parce que ça ne va pas. Et on a le droit d'aller mal parfois sans même savoir pourquoi, quand bien même on aurait toutes les raisons du monde d'aller bien.
On nous vend une image du bonheur et de la normalité qui est forgée par le fait que ça va bien tout le temps et qu'on est tout le temps heureux.se. Sauf que c'est faux et c'est impossible.
Aujourd'hui, c'est un jour où ça va juste pas, et je n'ai plus peur de le dire. J'ai eu envie de rester roulé.e en boule sous ma couette toute la journée (et c'est ce que j'ai fais une partie de l'après-midi), je n'ai pas réussi à faire les tâches qu'il aurait fallu que je fasse, et je vais m'en vouloir oui mais tout en sachant que je serais allé.e bien pire en me forçant à les faire. Maintenant que je sais identifier mes phases de "down" et que j'arrive (la plupart du temps) à en identifier les causes, même si je n'y peux rien, je vis beaucoup plus sereinement ces jours-là à posteriori.
A nouveau, je n'ai rien à vous conseiller et rien à vous dire de faire. J'essaie de prendre soin de moi le mieux possible ces jours-là, même si une douche ou une manucure ne fait effet que sur un court temps, ça aide un petit peu, et ça occupe l'esprit pendant un moment. Je demande de l'aide ou je ne fais juste rien, selon comment je me sens et comment je sais que mes ami.e.s vont.
Ces phases de mal-être font partie de vous mais ne vous définissent pas. On peut en retirer des réflexions, des soutiens inattendus, ou juste simplement des heures de repos en plus ou finir une série en binge watchant, mais il y aura toujours un après. Et peu importe la raison ou qu'il n'y ait pas de raison, des fois ça va juste pas, et tout le monde devrait avoir le droit de pouvoir répondre "non" à la question "et toi ça va ?".
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