mercredi 13 décembre 2017

Décembre 2015

CONTENT WARNING : burn out, dépression, comportements/relations toxiques

En décembre 2015, j'étais une toute autre personne. J'étais depuis quelques mois avec mon tout premier copain, dans une relation exclusive qui était, je m'en rend compte maintenant, étouffante. J'étais en prépa. Une prépa de l'enfer, privée, que j'avais dû payer de mes propres sous, pour rattraper 3 ans de programmes scolaires en 6 mois à peine. J'habitais encore chez mes parents, je n'avais pas encore rencontré deux des meilleures personnes de ma vie, j'étais très cis, pas très déconstruite du tout, mais je pensais l'être.

Je ne m'étais pas rendue compte que cette prépa me bouffait petit à petit, m'épuisant au quotidien, déclenchant des crises d'angoisse et de panique à répétition et faisait peser sur mes épaules une pression énorme. Alors quand ce gars est venu me parler, un pote que je connaissais depuis quelques mois et avec qui on était proches sans vraiment l'être, c'était une véritable bouffée d'air frais, dans laquelle je me suis précipitée sans réfléchir. Résultat des courses, j'avais trompé et plaqué mon copain en un tour de bras et je m'étais retrouvée dans une nouvelle relation avec ce gars. Sauf qu'il y avait aussi ce.tte pote, avec qui j'étais très proche et que j'appréciais beaucoup. Du coup je me suis retrouvée en relation avec ellui aussi.

Je perd pied totalement. Ma prépa me dévore de l'intérieur, consume tout mon temps, ma confiance en moi, ma stabilité (approximative) psychologique. Je suis constamment à bout de force, je me dispute intentionnellement avec des ami.e.s proches, je fais des choses inconsidérées et inconsidérables, je fais tout pour m'échapper de ces études, dans l'espoir de ressentir quelque chose, qu'il se passe quelque chose, que je trouve qui je suis ? J'ignore qui je suis et ce que je veux, je commence doucement à me noyer.

J'ai fais mon premier burn out et ma première dépression (identifiable) à cette époque.

Ce gars avec qui j'étais s'est finalement révélé être un fuckboy. Il m'a ghosté pour me larguer, et je reste convaincue encore à ce jour que s'il s'est jamais intéressé à moi, c'était pour accéder à d'autres personnes, qu'il a pu pécho "grâce" à moi. L'autre personne, on s'est fait plus de mal que ce que je voulais réaliser et surtout admettre. Iel a eu ce que je considère comme des comportements toxiques à mon égard, mais je sais que j'ai été bien pire envers iel. Dans ma lutte contre moi même et ma lente noyade que je ne réalisais pas, j'ai eu des comportements très toxiques envers iel, au point où je pense avoir été pour iel une personne toxique.

J'ignorais que je traversais ça. Pour moi j'étais dans une spirale abominable d'épuisement, de mal-être profond et de comportements auto-destructeurs. Ce n'est que des mois plus tard que j'ai enfin pu poser des mots sur ce que j'avais vécu et à quel point ça m'avait transformé. À quel point ça a encore des impacts négatifs sur ma vie d'aujourd'hui. J'ai fais et dis des choses que jamais je n'aurais pensé être capable de. Mon comportement destructeur m'a amené à faire du mal à des gens, mais aussi et surtout à me lancer dans des relations et m'investir dans des amitiés néfastes et toxiques. Il y a énormément de choses de cette époque que je regrette et pour lesquelles je m'en veux.

Les bonnes choses que j'ai retiré de cette époque de ma vie, c'est 3 personnes. Deux dont je sais pouvoir compter dessus envers et contre tout maintenant, elles seront toujours là pour moi et elles m'ont sauvé la vie un nombre incalculable de fois. Et il y a mon amoureux actuel. J'essaie de ne pas reproduire des comportements nocifs que j'ai pu avoir dans le passé avec lui, je me bat très souvent contre moi pour nous. Je merde encore régulièrement et il y a des choses pour lesquelles je vais m'en vouloir à vie et d'autres sur lesquelles il faut que je travaille dessus, pour passer outre et réussir à être mieux, à être moi.

Je pense avoir encore fais deux burnout après ça et j'en suis aujourd'hui terrifiée. J'essayerais d'en parler d'en un autre article parce que ce que j'ai pu faire et apprendre de ces deux autres moments, j'ai énormément de peine à le réaliser et l'accepter.

Je hais cette période de ma vie. Je hais la personne que j'étais et ce que j'ai fais. J'en tire néanmoins mes leçons et j'essaie d'avancer péniblement sur ce fichu chemin de mes gonades qu'est la vie.

vendredi 24 novembre 2017

Journal d'une dépression #3

Je sens que j'ai une phase de remontée, une phase haute en ce moment, et je m'en méfie beaucoup, car je sais comment j'agis pendant ces phases. J'ai un regain d'énergie, alors je l'éparpille à tout va, je fais moins attention à moi, je m'épuise et je finis par retomber au fond. Après c'est aussi un bon signe.

Je me suis aussi rendu.e compte dernièrement que cela faisait maintenant 2 ans que j'avais eu mon premier burn out et ma première dépression identifiable, je me demande si j'ai envie d'écrire là-dessus et ce que ça peut apporter. Parce que les effets de ça m'écrasent encore aujourd'hui.

Je me remémore aussi des souvenirs avec nostalgie d'une personne qui m'a fait beaucoup de mal et ça me soûle parce que c'est un petit con qui mérite pas que je perde de l'énergie pour lui, alors j'essaie de me botter le cul. Et il y a toujours ce trauma que j'ai sur une autre personne, qui est très fort et que je n'arrive pas à contrôler du tout. Heureusement ma psy est très attentive et s'inquiète, donc je sais qu'elle fera tout ce qui est en son possible pour m'aider, trouver des solutions et des moyens pour aider. J'ai une dizaine de vidéos sur ce sujet dans une playlist YouTube qu'il faudrait que je regarde, mais j'ai trop peur que ça me casse, alors ça traine. Jpp qu'elle ait cet effet sur moi et surtout que je n'arrive pas à l'expliquer. J'en ai parlé à mon amoureux mais je crois pas qu'il ait compris à quel point c'était grave (?) ou alors je m'imagine qu'il culpabilise à cause de ça. Bref, se faire trigger par tout et n'importe quoi, c'est non.

J'essaie de faire beaucoup plus de self care qu'avant, en essayant de pas culpabiliser de pas aller en cours, parce que j'y arrive juste pas. Je voulais partir à Londres pour me retrouver seul.e un week-end, pas chez moi, et vivre, mais mon compte en banque m'a dit un grand non. C'est triste parce que cette ville me manque et je voulais en profiter pour me la réapproprier, mais non, pas pour cette année.

Il faudrait que je lance des procédures juridiques contre mon père car il me doit beaucoup d'argent qu'il refuse de me donner, mais je traîne parce que je m'en veut. Cette situation me soûle et me bouffe mon énergie. Tant que ça ira pas vraiment mieux, je pourrais pas faire avancer ça, mais j'ai besoin d'argent pour aller vraiment mieux. Nice.

J'ai l'impression d'être piégé.e, mais au moins je suis entouré.e, et j'aime les fêtes de fin d'année, même si cette époque de l'année me fait un peu peur de par les souvenirs que ça peut faire remonter.

On verra. Mais pour l'instant ça va un peu mieux et j'essaie d'en profiter sans en abuser.

samedi 4 novembre 2017

Journal d'une dépression #2

 CONTENT WARNING : médicalisation, dépression

J'ai pris un anxiolytique hier soir, parce que je pouvais sentir une crise monter et je sentais qu'elle allait être très forte et me balayer sur son passage. Le truc, c'est que du coup j'ai ressentis toutes les émotions de la crise, mais comme s'ils étaient enfermés dans une bulle dedans moi, en atténué et en bruit sourd. C'était très étrange mais bien moins destructeur que si je n'avais rien fais. Je me sentais comme flotter, coupé.e de mes émotions en même temps qu'elles étaient là très forte. J'ai essayé de pas envoyer de message mais j'ai dérapé et texté un.e de mes ancres émotionnelles, et je m'en veux un peu maintenant parce qu'il ne m'a pas répondu depuis et que ça fait peser un poids sur lui aussi.

Bref, ce matin ça va "neutre". J'ai fais du yoga et ça m'aide bien pour l'instant, mon esprit est plus calme et ma respiration plus contrôlée. Je vois une vieille copine que j'ai pas vu depuis très longtemps aujourd'hui, et j'ai un peu peur d'avoir le droit à l'habituelle pitié lorsque je vais lui dire que je suis dépressiv.fe et en phase très basse (ce que j'ai déjà sous-entendu dans des messages et elle a été très supportive et adorable).

J'espère passer toute ma journée sur du neutre, pouvoir me sortir ce trigger de la tête un peu, et pouvoir m'endormir ce soir sans aide médicamenteuse. Je respire bien grâce au yoga de ce matin, je vais essayer de faire en sorte que ça dure toute la journée.

mardi 31 octobre 2017

Billet et billevesées #2

 CONTENT WARNING : vision du corps, TCAs, self arm, viol

Je me suis rendu.e compte d'un truc aujourd'hui, parce que je me suis totalement maquillé.e, avec le teint et tout, pour aucune autre raison particulière que le fait que j'avais envie de me faire un smocky sur les yeux. Je ne me suis pas reconnu.e dans le miroir. La personne qui était réfléchi.e c'était pas moi.

J'ai toujours eu de gros soucis à m'identifier à mon visage et mon corps, en partie à cause de TCAs et parce que je fais de la dysmorphie sur mon poids, mais là c'était très violent. J'avais l'impression d'avoir disparu. Je me suis senti.e mal tout du long que j'ai porté le maquillage et j'avais envie de m'enlever ce masque, de me l'arracher, pour voir si je me retrouvais à nouveau derrière.

Après, je pense aussi que c'était très lié au fait que j'ai pas été bien du tout aujourd'hui, parce que je me suis trigger tout.e seul.e avec un truc sur Twitter qui a réveillé un trauma, et le fait que la saison 3 de Broadchurch porte sur un viol et que j'étais pas préparé.e (même si iels traitent le sujet plutôt bien pour l'instant).

Bref, je sais pas pourquoi ça me fait ça, ni même si ça a un nom, mais dans mes instants de crises je ne me reconnais pas (sans que ça soit de la déréalisation/dépersonnalisation), mon visage ne m'appartient pas.

lundi 30 octobre 2017

Journal d’une dépression #1

CONTENT WARNING : dépression, pensées suicidaires, self arm, dépréciation 

Je suis tellement épuisé.e de me battre en vrai. On me dit que je suis courageux.se, que je suis fort.e, qu’un jour j’y arriverai et que ça ira mieux. Sauf que j’en ai marre de devoir me battre au quotidien contre moi-même. Marre de devoir me battre pour ne pas penser que personne ne tient à moi, marre de me battre pour me lever, pour parler, pour juste être. Marre de m’en battre contre mes pensées qui me disent que je suis un échec, que je ne mérite personne autour de moi, que je ne mérite pas d’être aimé.e.

Ce soir je sens les petites pièces du puzzle de mon être se détacher une à une pour aller se briser au fond du gouffre. C’est mes melts down, ils ressemblent tous à ça, ou à une noyade. Je les déteste. Je m’en veux d’être aussi faible et de me briser pour rien, alors que je suis tiraillé.e entre le fait que je pense que ma vie sava, et le fait que je pense qu’elle part en milles morceaux et qu’elle est instable.

Je suis instable et je sais que ça peut être dangereux pour les gens qui m’entourent. Je suis dangereux.se pour moi. J’alterne entre deux émotions : l’angoisse totale ou le vide absolu. Je cherche à poser des repères pour pas me perdre mais je finis par perdre ces repères. J’ai peur de ce que je pourrais me faire et de ce que ça aurait comme conséquences sur les gens que j’aime. Je ne me suis jamais brisé.e aussi fort que dernièrement.

Je sais que la dépression est une maladie, et non pas un absolu de ma personnalité. Mais j'en suis terrifié.e.