mercredi 6 septembre 2017

Sexe et anxiété


CONTENT WARNING : sexe, manque de consentement, viol et anxiété

On ne le répètera jamais assez, le plus important lors du sexe, c'est le consentement de toutes les personnes impliquées. Consentement explicite, cela va sans dire, un "je sais pas" n'est pas un oui, un silence n'est pas un oui, seul un "oui" clair et net est un oui.

Lors de mes expériences personnelles, j'ai pu me rendre compte de plusieurs choses. De part mon anxiété, je n'arrive pas souvent à m'exprimer lors du sexe pour dire ce que je veux, par peur de me faire rejeter, par peur de ne pas être assez bien et autres peurs. Cela a de nombreuses fois découlé sur le fait que je me retrouvais impliqué.e dans des situations que je ne désirais pas réellement. J'ai arrêté de compter aussi le nombre de crises d'angoisse que j'ai fais pendant/après parce que je n'osais ou ne pouvais pas m'exprimer. On répète sans cesse dans les milieux militants et déconstruits qu'il faut toujours demander le consentement avant de faire quoi que se soit. Mais que faire si la personne avec qui vous êtes ne peut pas ou n'ose pas s'exprimer ?

Le seul partenaire avec qui je me suis jamais senti.e totalement à l'aise et bien pendant le sexe, est une personne avec qui j'ai pu parler de long en large de mes attentes et de mes envies, et qui, pendant l'action, me demande, presque automatiquement s'il peut faire ceci ou cela, ou m'en parle nettement avant de le faire.

C'est dans la pratique du BDSM que l'on retrouve beaucoup cela, étant donné que la notion permanente de consentement est encore plus importante que dans les pratiques "vanilla", puisqu'il y a toute la notion de douleur et de domination impliquée. Toujours demander avant de faire quelque chose d'autre, quelque chose de nouveau, de changer de position ou de vouloir dominer ou être dominé.e pendant un moment, c'est primordial pour moi. Sinon, je vais paniquer, ne pas oser dire quelque chose et me retrouver à faire des choses qui peuvent aller à l'encontre de mon consentement.

Attention, je parle ici dans le cas des personnes souffrant d'anxiété. Je ne le fait pas pour les situations où la personne est incapable de s'exprimer, de part la prise de substances empêchant l'expression, ou de part un handicap l'empêchant de s'exprimer. Je ne parle pas de ces cas-là et je ne vais pas en parler n'étant pas concerné.e et ne connaissant pas assez bien le sujet. Ce que je sais, en revanche, c'est que si l'on ne peut exprimer un "oui" franc, c'est qu'il s'agit d'un "non". Autrement il s'agit d'un viol.

Certaines personnes ont juste besoin de dire "ok oui" au début et pouvoir ensuite stopper ou changer ce qui ne leur plait pas, sans qu'on leur demande. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Si vous imaginez que "ça casse tout" ou que "c'est nul" de stopper ce que vous êtes en train de faire pour demander une permission pour la suite, vous n'avez jamais eu autant tord. Le consentement peut se demander sous de très nombreuses formes, et cela n'a pas à être sous forme écrite avec 3 témoins et 28 signatures. Susurrer à l'oreille de ton/ta/tes partenaire/s "maintenant j'aimerais bien te faire *insérer une pratique sexuelle quelconque* si tu veux bien" ou un "j'aimerais que tu me fasses *insérer une autre pratique sexuelle* si tu es d'accord" est très érotisant, et cela peut même prendre la forme d'un jeu.

Je commence tout juste à comprendre que je fonctionne de cette manière et quels sont mes besoins et mes attentes lors du sexe. Je trouve ça dommage/grave/triste que l'on ne parle pas. de ce côté-là de l'anxiété quand de nombreuses personnes doivent vivre la même chose (même si chaque anxiété est différente et ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde).

Si vous savez qu'un.e/certain.e.s de vos partenaires fait/font de l'anxiété, essayez de voir avec cette/ces personne/s quelles sont les façons de faire dans son/leur cas. Demandez le, parlez en, c'est encore plus important car l'on est pas toujours en mesure de s'exprimer pendant le feu de l'action. Sinon, vous allez vous retrouver avec un.e/des partenaire/s roulé.e.s en boule dans votre lit à faire des crises d'angoisse parce qu'iel/s n'était/aient pas sûr.e.s de le vouloir.

mardi 5 septembre 2017

Et toi ça va ?

Lorsque l'on est un être humain, on a tous.tes nos hauts et nos bas, encore plus lorsque l'on est neuroatypique, non-valide, etc. Et dans cette société, la norme de politesse est de demander à la personne en face comment elle va lorsque l'on engage une conversation. J'ai arrêté de compter le nombre de "et toi ça va ?" et variations que j'ai subtilement (ou non) évité.

Parce que non, ça ne va pas toujours, des fois c'est même rare que ça aille bien. Et c'est normal, et on a le droit. On a le droit d'éviter des sujets parce que ça ne va pas et qu'on sait que ça aggravera notre état. On a le droit de ne pas vouloir sortir, de refuser des sorties ou d'en annuler au dernier moment parce que ça ne va pas. Et on a le droit d'aller mal parfois sans même savoir pourquoi, quand bien même on aurait toutes les raisons du monde d'aller bien.

On nous vend une image du bonheur et de la normalité qui est forgée par le fait que ça va bien tout le temps et qu'on est tout le temps heureux.se. Sauf que c'est faux et c'est impossible.

Aujourd'hui, c'est un jour où ça va juste pas, et je n'ai plus peur de le dire. J'ai eu envie de rester roulé.e en boule sous ma couette toute la journée (et c'est ce que j'ai fais une partie de l'après-midi), je n'ai pas réussi à faire les tâches qu'il aurait fallu que je fasse, et je vais m'en vouloir oui mais tout en sachant que je serais allé.e bien pire en me forçant à les faire. Maintenant que je sais identifier mes phases de "down" et que j'arrive (la plupart du temps) à en identifier les causes, même si je n'y peux rien, je vis beaucoup plus sereinement ces jours-là à posteriori.

A nouveau, je n'ai rien à vous conseiller et rien à vous dire de faire. J'essaie de prendre soin de moi le mieux possible ces jours-là, même si une douche ou une manucure ne fait effet que sur un court temps, ça aide un petit peu, et ça occupe l'esprit pendant un moment. Je demande de l'aide ou je ne fais juste rien, selon comment je me sens et comment je sais que mes ami.e.s vont.

Ces phases de mal-être font partie de vous mais ne vous définissent pas. On peut en retirer des réflexions, des soutiens inattendus, ou juste simplement des heures de repos en plus ou finir une série en binge watchant, mais il y aura toujours un après. Et peu importe la raison ou qu'il n'y ait pas de raison, des fois ça va juste pas, et tout le monde devrait avoir le droit de pouvoir répondre "non" à la question "et toi ça va ?".

lundi 4 septembre 2017

Le fameux "je t'aime"

J'ai toujours eu un rapport très particulier au je t'aime, parce que on ne se le disait jamais dans ma famille. C'est donc pour moi quelque chose de très intime et de très fort que je ne dis jamais à la légère. Si je ne suis pas sûr.e de ce que je ressens, je serais incapable de dire ou même d'écrire ces mots, que les doutes soient conscients ou inconscients. Je crois que j'ai dis mon premier je t'aime à 18-19 ans. Mais même après ça, j'ai toujours autant de peine, j'ai toujours ce blocage. 

En amitié également j'ai cette peine. Jusqu'à rencontrer mes meilleures amies actuelles, je n'avais jamais dis un "je t'aime" amical. Elles m'ont beaucoup aidé et j'éprouve moins de difficulté pour ce qui est du "je t'aime non-romantique", bien que je sois toujours incapable de le dire aux membres de ma famille.

Pour moi le je t'aime est très important et empli de sens différents et particuliers selon le contexte, que ça soit le "je t'aime" par habitude pour souhaiter bonne nuit ou le "je t'aime" quand tu es blotti.e dans des bras réconfortants.

dimanche 3 septembre 2017

Illégitime moi ?

Dans le billet "Je.", j'ai mentionné le fait que je me sentais illégitime pour tout. Mais qu'est-ce que ça signifie et qu'est-ce que ça implique ?

Le sentiment d'illégitimité c'est le fait de ne pas se sentir à la hauteur de la tâche à accomplir, de ne pas se sentir à sa place, se sentir incapable de mener à bien un projet. C'est un sentiment de culpabilité qui découle d'un manque de confiance en soi, et bien souvent lié à la peur de l'échec (Hannah Witton, une vidéaste anglaise a d'ailleurs fait une vidéo sur le sujet, c'est uniquement en anglais, pardon pour les non-anglophones). On définit aussi souvent ça comme le syndrome de l'imposteur.e.

Personnellement, mon sentiment d'illégitime est présent dans chaque aspect de ma vie, lié à mon anxiété et à mon manque profond de confiance en moi. Du fait que je ne me sens pas "le droit" de m'être réorienté dans mes études, à cause de la pression familiale, jusqu'à culpabiliser de me lier d'amitié et d'amour avec des gens car je ne me sens pas légitime d'être ami.e/amoureux.se de personnes aussi cools, en passant par le fait que je ne me sens pas légitime de me sentir illégitime puisque j'aurais toutes les raisons rationnelles de me sentir légitime.
Bienvenu dans mon cerveau illogique.

Je n'ai pas de "trucs et astuces" pour aider à se débarrasser de ce sentiment négatif et empoisonné, outre faire des listes des raisons rationnelles de pourquoi tu devrais te sentir légitime de faire ce que tu fais ou de ressentir ce que tu ressens, et essayer de t'en convaincre, mais ça ne fonctionne pas toujours. Ou plutôt pour moi, ça fonctionne à court terme. Et lorsque je me sens mal et que je me sens illégitime, j'essaie de me rappeler des raisons pour lesquelles j'ai voulu faire cette réorientation par exemple, et que ma raison principale était la meilleure raison existante : poursuivre mon rêve de toujours. Et si ça ne fonctionne pas, aller demander à un.e/des copain.e/s ou amoureux.se/s de faire cette liste pour toi, pour un sujet précis ou non, ça aide aussi (et en plus c'est doux et ça fait du bien de se sentir soutenu.e et aimé.e).

Le sentiment d'illégitimité ça peut te ronger petit à petit si tu le laisses faire, mais il y a plus d'une façon de le combattre et même si certains jours on en a pas la force, on prendra sa revanche sur lui un autre jour.

samedi 2 septembre 2017

Juste des billets de train

Cela fait maintenant deux ans que je voyage dans un peu toute la France, toujours en train. Depuis un an, j'ai précieusement gardé l'intégralité des billets de train que j'ai utilisé. A ce jour j'en ai 68 que je range bien à l'abri dans mon placard.

"Pourquoi ?" me demanderez-vous "se sont juste des billets de train". Oui. Et non. Pour moi, se sont des souvenirs, qu'ils soient bons ou mauvais. Le jour où on a fêté le départ d'un ami dans un pays étranger, le jour où je suis tombé.e amoureux.se, le jour où j'ai vu des volcans pour de vrai la première fois, l'été entier passé à voyager et à visiter des ami.e.s, la fois où je me suis fait.e harceler dans un TGV, la fois où j'ai passé le trajet à pleurer, les deux, trois, huit, onze heures de voyage, le nombre de réalisations sur moi que j'ai fait, le week-end où j'ai les meilleurs souvenirs, le week-end où j'ai les pires souvenirs, le nombre de rencontres et de découvertes de gens et de villes que j'ai fait.

Donc non, se ne sont pas "juste des billets de train", se sont des souvenirs forts, même si je commence à oublier quelle date est liée à quel évènement, mais se sont des traces de ma vie que je garde pour me souvenir du chemin parcouru, des erreurs faites, des bons moments passés et du chemin à parcourir encore. C'est une métaphore à deux sous ouais, que voulez-vous, je suis pas matérialiste, mais je m'accroche fort à des choses pour leur signification.



vendredi 1 septembre 2017

Je.


Je suis pas-hétéro. Je suis pas-cisgenre. Je suis polyamoureux.se. Je suis hypersensible. Je suis dépressif.ve. Je suis insomniaque. Je suis curieux.e. Je suis pragmatique. Je suis lunatique. Je suis petit.e. Je suis passionné.e. Je suis végétarien.ne. Je suis entouré.e des meilleures amies du monde. Je ne suis pas militant.e. Je ne suis pas politique. Je suis en colère.

J'ai un chat. J'ai les cheveux rouges. J'ai une side cute. J'ai 6 tatouages pleins de sens. J'ai la phobie des araignées. J'ai la phobie du vide. J'ai des tendances maniaques. Je n'ai absolument aucune estime ou amour de moi. J'ai de l'anxiété. J'ai des TCAs. J'ai subis du harcèlement scolaire.

Je vis pour le thé. Je ne mens plus. Je ne supporte pas d'être seul.e. Je me sens illégitime pour tout.

J'aime m'habiller et me maquiller n'importe comment. J'aime cuisiner. J'aime voyager. J'aime les trains. J'aime les villes. J'aime la campagne. J'aime explorer. J'aime apprendre. J'aime la nature. J'aime les bains brûlants. J'aime marcher sous la pluie. J'aime les cailloux. J'aime les marches solitaires dans la montagne. J'aime le reflet en miroir du lac. J'aime le silence et la solitude.

Je déteste l'élitisme. Je déteste les gens. 
 

Je suis un.e ours.