mardi 31 octobre 2017

Billet et billevesées #2

 CONTENT WARNING : vision du corps, TCAs, self arm, viol

Je me suis rendu.e compte d'un truc aujourd'hui, parce que je me suis totalement maquillé.e, avec le teint et tout, pour aucune autre raison particulière que le fait que j'avais envie de me faire un smocky sur les yeux. Je ne me suis pas reconnu.e dans le miroir. La personne qui était réfléchi.e c'était pas moi.

J'ai toujours eu de gros soucis à m'identifier à mon visage et mon corps, en partie à cause de TCAs et parce que je fais de la dysmorphie sur mon poids, mais là c'était très violent. J'avais l'impression d'avoir disparu. Je me suis senti.e mal tout du long que j'ai porté le maquillage et j'avais envie de m'enlever ce masque, de me l'arracher, pour voir si je me retrouvais à nouveau derrière.

Après, je pense aussi que c'était très lié au fait que j'ai pas été bien du tout aujourd'hui, parce que je me suis trigger tout.e seul.e avec un truc sur Twitter qui a réveillé un trauma, et le fait que la saison 3 de Broadchurch porte sur un viol et que j'étais pas préparé.e (même si iels traitent le sujet plutôt bien pour l'instant).

Bref, je sais pas pourquoi ça me fait ça, ni même si ça a un nom, mais dans mes instants de crises je ne me reconnais pas (sans que ça soit de la déréalisation/dépersonnalisation), mon visage ne m'appartient pas.

lundi 30 octobre 2017

Journal d’une dépression #1

CONTENT WARNING : dépression, pensées suicidaires, self arm, dépréciation 

Je suis tellement épuisé.e de me battre en vrai. On me dit que je suis courageux.se, que je suis fort.e, qu’un jour j’y arriverai et que ça ira mieux. Sauf que j’en ai marre de devoir me battre au quotidien contre moi-même. Marre de devoir me battre pour ne pas penser que personne ne tient à moi, marre de me battre pour me lever, pour parler, pour juste être. Marre de m’en battre contre mes pensées qui me disent que je suis un échec, que je ne mérite personne autour de moi, que je ne mérite pas d’être aimé.e.

Ce soir je sens les petites pièces du puzzle de mon être se détacher une à une pour aller se briser au fond du gouffre. C’est mes melts down, ils ressemblent tous à ça, ou à une noyade. Je les déteste. Je m’en veux d’être aussi faible et de me briser pour rien, alors que je suis tiraillé.e entre le fait que je pense que ma vie sava, et le fait que je pense qu’elle part en milles morceaux et qu’elle est instable.

Je suis instable et je sais que ça peut être dangereux pour les gens qui m’entourent. Je suis dangereux.se pour moi. J’alterne entre deux émotions : l’angoisse totale ou le vide absolu. Je cherche à poser des repères pour pas me perdre mais je finis par perdre ces repères. J’ai peur de ce que je pourrais me faire et de ce que ça aurait comme conséquences sur les gens que j’aime. Je ne me suis jamais brisé.e aussi fort que dernièrement.

Je sais que la dépression est une maladie, et non pas un absolu de ma personnalité. Mais j'en suis terrifié.e.

Journal d'une dépression #0

J'ai eu cette idée de noter mes hauts et mes bas, en crise ou en phase neutre ou bien, pour montrer ce qu'est la dépression, ma dépression, sans aucun filtre. S'il vous plait, faites très attention aux CW et à comment vous vous sentez avant de les lire, je sais comment je suis quand je vais mal et ça peut être très dur.

La dépression c'est pas quelque chose de joli qui passe et qui sautille dans un champ de fleurs. C'est un anaconda qui t'entoure et qui t'étouffe, te laissant parfois des moments de répits pour respirer. Mes témoignages et textes pourront être très difficiles à lire, comme ils pourront parfois me donner l'espoir. On peut s'en sortir. On peut apprendre à vivre avec et à comprendre ses phases. C'est pas une fatalité nécessairement. Prenez soin de vous comme j'essaie de le faire pour moi.

vendredi 27 octobre 2017

Billet et billevesées #1

C'est un nouveau format que je voulais tenter, un truc où je n'aurais pas de thème précis en commençant à écrire, donc ça va sûrement faire très brouillon mais des fois j'ai juste besoin de coucher des mots sur papier (virtuel là) pour comprendre mieux (et je peux pas toujours subjuguer les copaines parce qu'iels ont leurs vies et leurs soucis aussi).

CONTENT WARNING : sexe, viol conjugal, santé mentale

Je me pose de plus en plus la question sur l'utilité de continuer à prendre la pilule ou non. J'ai pas de soucis hormonaux et mes règles n'ont jamais été plus douloureuses que ça, donc je la prend dans un but purement contraceptif. Sauf que bah voilà, j'ai un énorme blocage sur la sexualité en ce moment.

Mon article sur le sexe et l'anxiété m'a fait réaliser des choses que je n'étais pas prêt.e à accepter forcément, c'est-à-dire que toutes les fois où je n'avais pas réussis à dire non ou que je n'avais juste rien dis, et bien c'était du sexe sans consentement, et donc par définition des viols. Donc impossible pour moi en ce moment de faire quoi que ce soit, même imaginer me met terriblement mal, car des flashback de mes mauvaises expériences passées reviennent.

De plus, mon compagnon et moi sommes en relation à longue distance et même si ça va mieux entre nous en ce moment, c'est toujours un peu étrange, pas autant physique que dans le passé. Je me demande aussi si cela peut m'aider pour ma (non) stabilité psychologique puisque je sais que c'est dans les (nombreux) effets de la pilule.

De toute façon, je ne veux pas enfanter, fabriquer d'humain.e moi-même dans mon corps. Je n'exclue pas totalement l'idée d'en adopter un jour, mais je refuse absolument d'en faire un.e dans mon corps. L'idée d'une ligature des trompes me trotte dans la tête depuis un moment aussi du coup.

Mais bref, ça m'inquiète ce truc de blocage total, parce que je sais que ça va me prendre très longtemps pour accepter et avancer, mais le.a seul.e partenaire en qui j'ai confiance pour m'aider à la limite, c'est mon compagnon, et comme j'ai dis on est dans une situation un peu "étrange" où je sais pas trop ce qui se passe et comment ça va évoluer. Parce que même ma sexualité propre à moi-même j'y arrive pas, je bloque et ça me met mal d'y penser.

Bref, I'm a mess, rien de nouveau.

lundi 23 octobre 2017

Les mensonges

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours menti, des « white lie » ou des plus gros mensonges. Je pensais que cela ferait de moins quelqu’un.e de plus intéressant.e, avec plus d’histoires à raconter, plus d’anecdotes rigolotes, plus de profondeur, etc. Sauf qu’en fait non, je finissais toujours par m’emmêler les pinceaux, à me perdre dans mes histoires, à ne plus savoir ce que j’avais dit et à qui.

Bref, j’étais un.e menteur.euse compulsif.ve.

Et je n’en suis pas fier.ère, mais ça fait partie de mon passé et je l’accepte. Parce que j’ai réussi à passer au-dessus et à dépasser ça. Quand je m’en suis rendu.e compte, j’ai tout de suite cherché un moyen de stopper ça. Essayer de les réduire doucement, à ne plus trop mentir au quotidien, ça n’a pas du tout marché. Non seulement je mentais tout autant, mais en plus maintenant je culpabilisais à mort et je n’osais pas me rectifier.

Alors j’ai choisi la solution radicale. J’ai décidé d’appliquer le principe de l’honnêteté absolue à ma vie. C’est un principe qui est relativement simple dans la théorie : c’est de ne plus mentir du tout, jamais et à personne, même plus ces petits « white lie » qui peuvent sauver la face ou atténuer la douleur d’une réalité pas prête à être acceptée. Dire que c’est simple à passer du mensonge compulsif à ça serait faux. Ça a été très compliqué. Mais au fil des jours, je mentais de moins en moins et au final j’ai fini par ne plus mentir du tout.

Pendant quelques mois j’ai appliqué ce principe à ma vie, et ça a très bien fonctionné. Après un certain temps, mon attention s’est relâchée, et je me suis rendu.e compte que je recommençais à nouveau à mentir. Alors j’ai décidé que ma décision était permanente, qu’à partir de maintenant j’étais en honnêteté absolue tout le temps. Les seuls mensonges que je me permet maintenant sont pour organiser des surprises ou dans des blagues.

Ça n’a pas été une réalisation et une décision facile, mais j’y suis arrivé.e. Bien évidemment, c’est aussi à ce moment-là que j’ai découvert que j’avais des troubles anxieux et ça a déclenché le fait que je n’osais plus communiquer ouvertement de peur de me faire rejeter. Mais je travaille sur ça maintenant.

Baby steps, but we’re getting there.